30.01.2009
UN AN ET VIDE
samedi 19 janvier 2008 (il y a donc un an)
J’ai fait un rêve qui, me semble-t-il, était l’illustration symbolique du discours tenu par Alain Finkielkraut hier soir sur une chaîne numérique. J’en résume les thèses en citant l’article de « Télérama » : « la faillite de l’école dans « la transmission du savoir », la « haine de la culture » comme effet pervers de la démocratie, les impacts conjugués du « chauvinisme du présent » et du communautarisme qui sapent la nation française, définie par lui comme une communauté humaine « dépositaire d’une culture qu’il (lui) appartient de connaître, de préserver et de transmettre »…Toutes idées me semble-t-il non seulement d’une grande justesse mais encore indispensables à dire dans ce pays qui préfère ses rêves démodés de gauche d’après 68 à une réalité qui les contredit et qui est, pour beaucoup, la conséquence de ces rêves imposés politiquement pendant plus d’une génération. De plus, ensuite, dans une autre émission culturelle de la nuit, voici qu’un journaliste (dont j’ai oublié le nom) présente son dernier livre, lequel parle de la désagrégation d’un immeuble parisien en l’espace de 20 ans, depuis les années « Touche pas à mon pote » et « SOS Racisme » jusqu'à aujourd’hui. Il dit que cet exemple est celui de toute une société française qui croyait à l’intégration et au métissage, qui partageait ses cultures aussi bien que sa musique ou sa gastronomie et qui est devenue ultra communautaire, en se refusant à toute ouverture vers celles qui sont différentes, haïssant la France et rejetant toute intégration. Toutes choses encore que je peux voir de ma fenêtre en regardant les comportements des garçons et filles des collèges voisins et en les écoutant mais c’est comme si la quasi totalité des intellectuels de ce pays était sourde et aveugle, au point qu’on les soupçonnerait, comme ces fameux singes statufiés, de le faire exprès de peur que la nudité de la vérité qui passe ne les choque.
Et voici que mon rêve de la nuit me revient ainsi : J’avais arrêté la voiture dans un champ, au pied d’un château ou d’un monastère dont la porte était fermée, ce qui m’avait obligé à faire une marche arrière pour redescendre. Nous avions, ma femme et mon fils, étalé une couverture sur l’herbe et disposé le pique-nique, quand une bande de Gitans est arrivée. Très nombreux, ils se sont approchés de nous et nous ont menacés, avec un mélange d’ironie et de méchanceté, de voler notre repas et tout ce que nous possédions. Sentant qu’un drame allait se produire, j’ai voulu leur parler puis, voyant que cela ne les engageait qu’à exagérer leur attitude provocante, j’ai essayé de rejoindre la voiture, d’y faire entrer femme et enfant et de fuir mais c’était impossible car les Gitans s’étaient précipitée sur nous. Je pensais alors que la meilleure solution serait de retourner à la porte du château, de réussir à l’ouvrir et d’y demander de l’aide. Je me mis donc à courir dans cette direction, tandis que ma famille essayait de me suivre mais n’y parvenait pas. Je trouvais la porte du château ouverte et un vieil homme venait vers moi. Je lui demandais de l’aide mais il me répondait qu’il en était incapable, mais que je pouvais rejoindre ma famille et vaincre les Gitans en sautant sur la croupe d’une femme centaure qu’il me présentait. Ce que je faisais aussitôt, serrant entre mes cuisses les reins potelés de cette créature. Nous galopions et arrivions bientôt sur le pré. Il n’y avait plus aucune trace des gens qui étaient là auparavant. Tous disparus, les Gitans, ma femme et mon fils. En revanche, un grand monument avait été installé sur ce terrain, avec quelques ruines autour, que des visiteurs parcouraient. Je m’en approchais et lisais sur le monument qu’il avait été érigé en mémoire du massacre qui s’était produit sur ce lieu.
jeudi 29 janvier 2009 :
Et aujourd’hui, en ce jour de grève générale où la peur conduit les hommes, ou le vertige les saisit devant l’abîme, où ceux qui les gouvernent reculent, mentent pour ne pas tomber et se faire écraser, qu’en est-il d’une fraternité qui, seule, pourrait les sauver ? Le Christ avait pleuré sur Jérusalem comme nous devrions pleurer sur notre planète entière, parce que nous n’avons pas trouvé en nous la force de vaincre la peur de nous aimer.
11:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finkielkraut, communautarisme, peur, amour
29.01.2009
ESCROC MALHONNETE
Un escroc malhonnête, c’est ainsi que je qualifie le commissaire-priseur P…, en raison de l’argent qu’il avait escroqué aux assurances pour un dommage causé à l’œuvre que j’avais copiée, à sa demande, d’après celle de Lichtenstein et avec l’accord de ce dernier (qui m’avait envoyé, pour l’occasion, ses fameuses trames), et que maître P… avait fait passer pour authentique afin de percevoir une indemnité élevée pour le petit dégât qu’elle avait subi au cours d’une exposition. Alors qu’il se vantait devant moi de cette tricherie, il avait eu le culot d’ajouter qu’il avait partagé la somme avec sa première femme, sous prétexte qu’elle n’avait pas cherché à le ruiner quand ils avaient divorcé. Quand je lui avais fait remarquer n’avoir moi-même touché que le prix qu’il avait bien voulu m’accorder pour cette copie, 3.000 francs, il m’avait répliqué que sans lui « cet objet ne vaudrait rien ». Comme si, en raison de son état d’officier ministériel assermenté, il était le maître de la valeur de toute chose passant par son étude, et jusqu’aux œuvres fausses. Comme s’il pouvait décider, en toute omnipotence, du prix que valait non pas mon travail mais sa commande de mon travail, et que je sois si peu important que je ne puisse mériter mieux que la somme dont il m’avait rémunéré, et qu’il devait récupérer avec une telle amplification que seule sa conscience aurait pu lui en montrer l’injustice. Evidemment, cette conscience en était incapable, puisqu’il l’avait entraînée à se soumettre ou s’occulter quand ses mensonges et ses truquages dressaient devant lui les immenses avantages pécuniaires et de puissance qu’ils lui prodiguaient.
Bien que je n’aie aucune prévention ni contre le vol ni contre l’escroquerie, quand ils sont réalisés par des professionnels dont c’est la raison de vivre, ces genres m’horripilent quand ils sont commis par des gens respectables et honorables, du moins si l’on accorde à ces termes le sens éminemment hypocrite dont ils sont compris dans la société de ceux qui, possesseurs du pouvoir, se croient ceux du droit et s’assoient sur les valeurs qu’ils imposent à ceux qu’ils considèrent comme des inférieurs parce qu’ils n’ont ni fortune ni puissance. Je marque ainsi la différence entre un individu comme ce P…, un monsieur considéré, d’excellente réputation et l’un des hommes les mieux habillés de Paris et moi-même, pauvre énergumène inconnu, qui me ficherait de voler et qui n’aurait éprouvé aucun scrupule à bénéficier pour moitié de cette somme prise aux assurances. J’imagine ce qui me serait arrivé si, au lieu de maître P… ce fut moi qui me serais livré à cette entourloupe et si l’affaire eut été portée à ses oreilles.
Je n’en ai pas fini avec cette profession : pour démontrer combien les commissaires-priseurs débordent les limites imposées par le droit, il suffit de se demander pourquoi, jamais, ils ne sont poursuivis quand ils pratiquent une forme d’enrichissement que la loi leur interdit, en achetant et vendant des objets dans leurs ventes. Tout simplement, bêtement, parce qu’ils n’agissent pas en leur nom propre. Parce qu’ils se servent de prête-noms. D’hommes de paille. Une pratique courante qui, curieusement, n’a jamais fait l’objet d’aucune poursuite, alors qu’elle est de notoriété publique. Publique au point qu’on a vu, jusque sur les écrans de télévision, quelques-uns de ces messieurs se gargariser de leur fortune et exposer à l’admiration des pékins des collections, des pièces rares qu’ils auraient été bien incapables de gagner d’une façon honnête, c’est-à-dire en ne prélevant sur les ventes que le pourcentage autorisé par la loi. Personne ne s’en étonne, et personne ne bronche. Tout le monde continue à les saluer avec déférence et à les respecter de la cravate Hermès aux Church’s.
Prête-nom, j’en parle en connaissance de cause parce que je l’ai été sans le savoir. Je ne m’en suis aperçu qu’au bout de dix ans, par hasard. Ainsi maître P…, toujours lui, qui se prétendait mon meilleur ami, s’était servi de mon nom pour s’enrichir illégalement, et il avait eu le culot de me donner de temps en temps un billet de 500 francs pour, soi-disant, « m’offrir une bouffée d’oxygène » en raison de mes ennuis d’argent. Et dire que je l’en remerciais, alors qu’en réalité c’était l’obole donnée par le Malin pour se déculpabiliser de son forfait.
12:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lichtenstein, commissaire-priseur, art
28.01.2009
JUGE LA TEIGNE
Souvent le juge est teigneux de nature, revanchard frustré dont il serait intéressant de rechercher par quelles voies sa vocation s’est déclarée. Plus encore que d’autres professions qui donnent à l’individu un pouvoir, depuis le simple flic jusqu’au garde des sceaux, la magistrature est le lieu le plus accompli pour exercer sa perversité aux dépens du citoyen ordinaire. On connaît d’autres domaines qui recrutent des individus qui seraient instables, inefficaces, névrosés s’ils n’étaient en adéquation avec leurs pulsions enfouies. On voit par exemple en médecine, que ce soit chez l’infirmière ou le chirurgien, que certains manifestent d’autant plus d’enthousiasme et de capacités qu’ils accomplissent des actes qui permettent à leur sadisme latent de s’exprimer. Dans les entreprises qui n’a pas souffert de voir à l’œuvre celui qu’on appelle le « petit chef », l’avorton mental qui utilise sa miette de pouvoir pour torturer ses subordonnés, sans réaliser qu’il est une caricature, un personnage de comédie, risible et pitoyable bien que férocement engagé dans sa poursuite d’un absolu plus important et sérieux pour lui que son image et même son salut. Le but de ces vies dédiées aux pulsions élémentaires, inavouées car cachées sous le manteau de la nécessité à réprimer ce qui est incorrect, défectueux ou illégal, sacralisées par la reconnaissance d’une société qui se sert d’elles comme de domestiques corvéables, qu’on récompense par des compliments, des primes, des citations et des médailles tout en les méprisant à cause même de leur docilité, le but de ces vies est de réaliser leurs fantasmes de domination sans encourir de peine. Plus même, le but est de parvenir à l’expression la plus belle de ces fantasmes, comme d’une œuvre d’art, en devenant le créateur de stratégies si adroites, si impossibles à détourner, que l’auteur y trouve toutes les délectations de la jouissance.
Il existe peut-être des juges d’une autre espèce mais je n’en ai jamais rencontré. Sans doute leur excentricité au sein de cette profession les fait-elle disparaître, se dissimuler au moins pour ne pas choquer leurs collègues ni rassurer quelque coupable que ce soit. En revanche, dans le genre belle brochette de sadiques, j’en voyais rassemblée tous les ans au méchoui donné par les A…, avocats et magistrats de père en fils, dans leur propriété des Yvelines. Y accourait toute l’espèce du département et des environs, éparpillée dans les jardins, à qui mon ami, dernier rejeton de la famille, se faisait un plaisir de me présenter comme une pièce rare rapportée d’une contrée sauvage, exotique : l’art contemporain. Il pleuvait sur le méchoui et dans les verres de Mascara et, pour allonger d’une rasade d’humour vache à peine dissimulé cette présentation, mon ami l’avocat me désignait également comme étant le peintre préféré, et bénéficiant de son amitié, de l’humoriste Reiser. C’était, pour ces messieurs et dames libérés de leur tribunal, l’occasion de se livrer à des menaces imaginaires contre cette engeance dévoyée des journaux satiriques et de lancer des déclarations de guerre, les yeux allumés par la vision anticipée de voir comparaître devant leurs griffes et leurs canines ces abrutis et salopards mal élevés dont les caricatures et diatribes osaient les présenter pour ce qu’ils étaient : de simples minables affublés de costumes importants et d’un pouvoir qui leur permet de ne jamais rendre la justice qu’ils ont confisquée.
10:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : justice, reiser, mascara, yvelines
27.01.2009
BETISES
Contrairement à la bêtise prétentieuse, qu’on est vite fatigué de combattre et qu’on méprise, on se délecte souvent de la bêtise modeste.
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A propos de cette femme que je méprise un peu, qui jargonne pour faire croire qu’elle pense : Elle s’était beaucoup cultivée, croyant que cela la rendrait intelligente.
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« Un jour, le néant voulut faire une punaise ; il la manqua et fit Gustave Planche ». (Théophile Gautier)
Il y a, me semble-t-il, quelqu’un en France à propos duquel on pourrait actualiser cette pensée.
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Pour l’homme de ménage que je suis, l’une des servitudes les plus abominables, ce n’est pas de faire la vaisselle avant de prendre mon petit déjeuner, c’est de sentir les croûtes de fromage et les déchets d’échalote. Gerbe garantie pour toute la matinée.
Sinon, c’est l’aspirateur qui m’horripile le plus. Je ne sais pas pourquoi, je ne me suis jamais entendu avec les aspirateurs. C’est comme une bête autonome, qui fait tout pour me contrarier, jusqu’à essayer de me tuer en me faisant tomber dans les escaliers. Du coup, je m’énerve contre lui et cela devient un vrai combat, au point que j’en ai massacré plusieurs, au grand dam de ma femme qui ne comprend pas cet antagonisme et se met toujours, naturellement, du côté de l’aspirateur pour prendre parti contre moi.
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Madame me donne le prix du petit pot de crème Chanel dont elle se oint. Je calcule qu’au kilo, ce produit est vendu 600 euro. Ca fait rêver, quand on compare avec le caviar et l’usage qu’on fait de ces deux marchandises, et rêver encore quand on imagine les gens qui les achètent, bien que le caviar, encore…
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J’ai, la nuit, une autre vie que ma vie diurne, tout aussi réelle à cause des scénarios répétitifs de mes rêves et de leur précision. Mes rêves sont beaux, colorés, riches et intéressants. Des thèmes et des paysages, des villes s’y construisent et se répètent, au point que je les connais par cœur. Ils deviennent si présents qu’ils se mêlent parfois à mon quotidien, au point que je suis forcé de les y intégrer et que je découvre souvent qu’ils ont autant de pouvoir sur le monde et moi-même que les objets et péripéties de ce qu’on nomme « la réalité ». Je crois donc que nous imbriquons en nous trois vies, dont deux seulement nous sont perceptibles : celle de la vie active et celle de la vie rêvée. Nous devons chercher le sens que ces visions du monde nous racontent, l’une comme l’autre aussi importantes. Quant à la troisième vie, celle de notre existence sans conscience d’exister, nous ne savons pas comment elle se déroule, pendant la nuit, quand nous ne rêvons pas et, cependant, c’est la racine de notre être, l’inconnaissable vérité qui nous a fait naître et nous recueillera après notre mort.
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15:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bêtises, rêves, femme, punaise
26.01.2009
DEMOCRATIE TOTALITAIRE
Je l’avais dit il y a quelques années à ce couple d’attardés communistes, je le leur avais prédit : « L’avenir, ce sont les démocraties totalitaires » et cela les avait beaucoup fait rire et je me demande aujourd’hui s’ils rient encore en voyant l’état de notre pays, petit à petit, par la grâce du petit Président, se rapprocher à pas menus de ce totalitarisme nouveau, siglé chic et post-moderne. Quels sont les modèles chez lesquels ce monsieur Président a puisé les idées qui lui permettent de réussir une sorte de coup d’Etat soft, indolore si l’on ne regarde pas l’outil qui opère ? Ce ne sont pas des tyrans, ni Pinochet ni Castro mais des gens qui savent se faire prendre pour des démocrates respectueux de la Constitution, et qui savent surtout se présenter devant les médias et les manipuler. Ce sont Poutine et Berlusconi, ces as, ces vedettes du petit écran et du discours édifiant, lénifiant, sommairement compatissant, violemment dynamique pour unir la charte sociale au mépris du peuple, la sincérité appuyée au mensonge droit dans les yeux et la paresse de l’inspiration au trop-plein des idées. Une référence aussi, celle de Machiavel, bien lu, bien appris et rendu, c’est-à-dire vomi.
Batman ! Je pense à Batman, enfin plutôt au Joker. Poutine, Berlusconi, Sarkozy, trois visages du Joker : un Monsieur Loyal, un clown blanc, un Auguste et aucun Batman pour les combattre, à moins qu’Obama… Va savoir, la théorie des catastrophes prédit qu’au sommet d’une courbe de Gauss, boum ! tout s’effondre, comme le mur de Berlin, comme les Twin Towers, à l’improviste. Imprévisible ! C’est peut-être le visage anonyme du Destin, du Fatum, de la Providence, l’imprédictibilité.
12:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, catastrophe, batman
24.01.2009
Monsieur Jacques (suite)
samedi 24 janvier :
Reçu la réponse de monsieur Madec, le maire du 19ème, datée du lendemain de la mort de monsieur Jacques. Je ne vais pas la reproduire ici, seulement en envoyer une copie à la dame du collectif "les morts de la rue" qui a laissé un commentaire sur ce blog. Très détaillée, cette lettre et, dirais-je, d’une certaine façon convaincante mais qui témoigne, malgré toutes les mesures dont la liste suffit à me convaincre de l’intérêt de la Mairie de Paris pour ce type de problème, d’une impuissance malheureusement normale, dans le sens de la « normalisation » d’une société comme la nôtre et dont le langage, ces mots formatés, pesés, rendent compte d’une efficience sans parvenir à créer cette chaleur, cette compassion qui sont nécessaires aux relations humaines. Ce n’est pas le propre des politiques que d’avoir les mots adaptés aux choses du cœur, les formules qui rendent compte des sentiments et, quand ils en ont, il faut se méfier que ce ne soient des pièges, des formules apprises auprès de professionnels de la communication pour mieux tromper leurs électeurs. Alors je me garde de critiquer la façon dont le maire me répond, et aussi longuement (ce qui marque son intérêt pour le problème que je lui ai soumis), et je le remercie d’avoir réellement pris à cœur la détresse de ce monsieur et de tous les autres sans abri, quand bien même son langage évite les termes trop émotionnels, et c’est sans doute une preuve de sa sincérité. Bien entendu, je réagis en littéraire mais c’est tout un apprentissage, toute une vie derrière moi qui parfois m’entraîne à voir à travers les mots les sentiments qui les ont inspirés. Puisse la mort de monsieur Jacques nous apprendre à cultiver en nous plus de bonté et à ne pas l’oublier.
16:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, mairie, rue
22.01.2009
ACTUALITE
Le retrait des troupes israéliennes est certainement dû au fait que les services de renseignements du pays étaient prévenues que le nouveau Président des Etats-Unis n’accorderait pas la même tolérance aux agissements d’Israël que ses prédécesseurs. Du fait qu’Obama ait une majorité favorable jamais atteinte non plus dans le passé, il n’a pas besoin du vote juif ni de l’opinion de ces derniers pour prendre des décisions. Il a déjà fait part de sa détermination à rencontrer des musulmans d’influence et à se comporter avec l’Islam d’une façon en totale rupture avec les politiques précédentes. Cela implique qu’il n’ait pas de sympathie particulière ni de favoritisme pour Israël et qu’il entende engager des pourparlers de paix entre cette nation et les Palestiniens d’une façon que personne avant lui n’avait osé aborder. En conséquence, après avoir pratiqué un retrait digne des plus historiques stratégies de la terre brûlée, Israël va devoir à présent se concilier les grâces du Président d’un pays dont l’aide lui est indispensable. Cela ne sera sans doute pas facile car il se pourrait que l’état de tolérance dont a bénéficié Israël depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en raison de la culpabilisation de l’Occident face à la Shoah, et qui a permis les conquêtes de territoires, leur colonisation et les spoliations, la concentration quasi inhumaine des habitants de Gaza et leur asservissement économique, que tout cela qui perdurait au mépris de l’indignation publique soit remis en question sinon condamné et sanctionné. Le sachant, sachant également que la transformation du monde va donner de plus en plus la parole et le pouvoir à des peuples et des pays qui n’ont en aucune façon participé à la Shoah ni à l’histoire particulière d’Israël, et qui n’ont de ce fait aucune raison d’éprouver une sympathie ou une tolérance particulière à son sujet, du fait également que l’économie mondiale a cessé d’être monopolisée par celle des Etats-Unis, les dirigeants israéliens doivent éprouver un certain malaise, celui qui précède la peur de ne plus avoir un allié indéfectible et le plus puissant du monde pour résister et combattre la multitude qui les entoure, qui les cerne et ne demande qu’à les détruire. On peut donc penser que les arguments d’Israël pour justifier cette guerre, l’agression permanente du Hamas et la menace terroriste, qui peuvent se justifier et paraître valables si tant est que la riposte a été démesurément exagérée, ne reçoivent pas l’écoute attendue et que les résultats politiques aillent à l’encontre des intérêts d’Israël, tout simplement parce que la guerre des images a été gagnée par les Palestiniens, ce qui est éclairant et paradoxal à la fois parce que cette victoire est en grande partie due au fait qu’Israël a refusé aux journalistes étrangers l’accès à ses opérations militaires. Ainsi en est-il des occultations que l’on croit savantes et qui plongent dans les ténèbres celui-là même qui croyait s’y cacher en voyant clair.
11:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : obama
21.01.2009
CHAGRIN
En passant devant le marché Secrétan, je vois que le banc qui était occupée par monsieur Jacques, le SDF que je connaissais depuis des années, est propre, l’endroit nettoyé, débarrassé de toutes les couvertures que ce pauvre homme accumulait pour se défendre du froid. A sa place, il y a des bouquets de fleurs et des bougies allumées. Ce sont les habitants du quartier, qui l’estimaient, qui les ont apportés, et posé une notice pour apprendre à tous que monsieur Jacques est mort. Evidemment, j’en suis bouleversé et j’ai les larmes aux yeux, parce que j’avais de l’affection pour ce monsieur qui ne se plaignait jamais, ne faisait jamais la manche et remerciait avec chaleur les gens qui lui donnaient une pièce. Il ne trouvait même pas la vie mauvaise, considérant qu’avec peu d’argent il pouvait s’offrir des gâteries qui le ravissaient, comme un morceau de pâté entre deux tranches de pain de campagne. Il ne pouvait plus faire les poubelles pour y trouver un peu de subsistance, puisque maintenant le tri sélectif impose des containers où l’on ne peut pas glisser les mains pour les fouiller. Ce n’était pas le froid qui le gênait le plus mais la pluie, dont il se protégeait en mettant un plastique sur ses couvertures. Il préférait vivre et dormir dehors plutôt que de se retrouver dans des Centres d’Accueil où la fréquentation lui déplaisait. Il y a environ un mois, j’avais écrit à Roger Madec, le maire du 19ème arrondissement, pour lui exprimer à quel point j’avais honte de ma société, une société soi-disant civilisée qui laisse ses pauvres mourir dans la rue. Je n’ai pas encore reçu de réponse, à ce jour et, si elle vient, il sera trop tard. Trop tard aussi pour nous dire que nous sommes les membres d’une communauté fraternelle à défaut d’être égalitaire. Je souhaite que la mort de monsieur Jacques lui soit plus douce que l’a été sa vie. Ce ne sera pas difficile.
Ci-joint ma lettre adressée au maire :
Paris, le 28 décembre 2008
Monsieur le Maire,
Je me permets d’ajouter une note à mes vœux, en raison de la vacance, jusqu’au 5 janvier, de la boîte de courrier électronique du site de la Mairie, sur laquelle j’avais laissé un message dont j’espère que l’actualité, au contraire de la température, se sera refroidie à cette date grâce à votre intervention.
Je renouvelle donc mon message, en sollicitant votre attention comme je l’ai déjà fait, rarement et sans en abuser, afin de trouver une solution à notre inquiétude. Je dis « notre » car nous sommes nombreux, dans le quartier, à connaître et tenter d’aider ce monsieur, Jacques, qui a squatté un banc en plein air, en face du marché Secrétan. Il a 76 ans et refuse de retourner dans un Centre pour SDF, parce qu’il y a connu des expériences désastreuses. En conséquence, il vit et dort dans la rue, attendant de la Mairie, qui d’après lui le lui avait promis, qu’elle lui propose enfin un lieu d’habitation, un petit coin pour s’y réchauffer et mener une fin d’existence convenable.
J’ai téléphoné à la Mairie, où l’on m’a appris qu’il n’existe aucun accueil pour ce type de problème. Ce qui veut dire aucune solution. J’ai envoyé ce mail, pour constater que l’écoute n’y était pas prioritaire. En bref, j’ai réalisé que la seule information urgente est l’annonce d’un drame, et non sa prévention. J’en ai éprouvé une certaine honte, en me rappelant que Victor Hugo avait écrit que « Le vrai socialiste unit la pratique à la théorie et donne le pain aux corps en même temps que les idées aux esprits ». Un siècle et demi après, de quel socialisme sommes-nous les héritiers, si nous laissons nos pauvres mourir de froid dehors l’hiver ?
Ce monsieur de 76 ans, Jacques, n’y aurait-il pas moyen de lui trouver un petit logement, ou bien une chambre d’hôtel comme on le fait pour les familles d’émigrés ? Il y a tant et tant de dévouement, de bonnes intentions, d’engagement contre la misère, pour la justice sociale, qu’il est impossible que les mots et les idées ne construisent pas ce bon et fort socialisme auquel croyaient nos prédécesseurs.
Veuillez croire, Monsieur le Maire, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.
20:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : décès, mort, souvenir, société, mairie


