31.10.2009

ETAT

samedi 31 octobre :

ETAT

Mot d'ordre du jour :

"L'Etat c'est nous tous"

Et d'abord le Père Noël aussi.

père noël sdf (2).jpg

01.04.2009

PROCREATION

mercredi 1er avril :

Mot d'ordre du jour :

"Faisons tous plus d'enfants"

Et d'abord l'Etat est un ogre.

mariage arabe (7).jpg

04.03.2009

PARANOIA

mercredi 4 mars :

Mot d'ordre du jour :

"Nous sommes tous paranos"

Et d'abord c'est l'Etat qui paye.

19.02.2009

SOLIDARITE OBLIGATOIRE

LA  SOLIDARITE  OBLIGATOIRE

 

Je ne crois pas que l'on aille vers une amélioration de la société occidentale, pas du tout, en ce qui concerne les rapports humains, le souci que nous devons prendre des autres et les relations familiales. Et plus nous régressons dans ce sens, et plus les leurres sont abondants et riches pour nous faire croire que, au contraire, nous sommes beaucoup plus mobilisés à nous entraider et engagés socialement que les générations précédentes. Il n'y a jamais eu autant d'associations pour s'occuper des malheureux, des émigrés, enfin de tous ceux qui ont besoin d'aide et, parce que ces associations existent, nous pensons faire des actions qui non seulement feront diminuer la misère du monde mais nous combleront de la grâce d'être utiles et généreux. Or, à mon avis, cette progression n'existe, ne se justifie, que dans la mesure où nous sommes individuellement de plus en plus insuffisants pour donner du cœur à nos relations basiques de famille et de voisinage. Là, près de nous, dans la rue et jusque dans notre intimité, c'est l'indifférence qui règne, le mépris et souvent la colère, quand ce n'est pas la haine, alors que nous compensons cet égoïsme par les restos du cœur, le soutien aux sans-papiers et divers autres engagements et dons en nature ou en argent. Il faut le battage oppressant de la télévision pour contraindre d'une façon pernicieuse le téléspectateur à verser son obole pour la recherche médicale, contre le Sida ou la myopathie. Sans ce chantage aux sentiments, le même téléspectateur ne mettrait pas la main à la poche, j'en donnerais la mienne à couper. Et je reçois, moi aussi, pour avoir une fois ou deux manifesté ma sympathie pour une OGN quelconque, des courriers destinés à me donner mauvaise conscience si je ne me laisse pas extorquer une aumône, avec des cartes postales gratuites ou des vignettes et, surtout, une enveloppe timbrée pour ma réponse. Images et timbre destinés à me rendre coupable d'insensibilité si je ne renvoie pas cette enveloppe avec un chèque, au point que je me demande si, lassé de tant d'acharnement à m'obliger à être bon, je ne vais pas finir par la renvoyer, en effet, mais méchamment vide.

Quant à l'Etat, il est au cœur même de cette désaffection, en contraignant à participer à redresser les injustices par des impôts déguisés, le remboursement de la dette sociale et la CSG (le plus important des impôts directs, devant celui sur le revenu). L'Etat a rendu la solidarité obligatoire, alors qu'elle devrait être volontaire, mue par un élan du cœur et ce que l'on appelait autrefois « la charité », un mot qui est censé être honteux et qu'on remplace, comme la pitié, par son synonyme optionnel de meilleure facture : « la compassion ». La philanthropie a aussi mauvaise réputation et il n'est d'ailleurs plus de riche particulier pour l'exercer. Quant aux sociétés, à l'industrie, aux entreprises, le seul domaine où l'on ose encore relancer leur volontariat est celui du mécénat, avec des avantages fiscaux qui en font plus une bonne affaire qu'un système d'entraide aux artistes ou au patrimoine. Quant à l'individu, il est devenu tellement imprégné de l'obligation de l'Etat à s'occuper de sa personne qu'il n'est presque plus de domaine où il n'exige de lui de réparer les coups du sort, les caprices de la météo ou sa mauvaise gestion. Le plus grave n'est d'ailleurs pas d'avoir supprimé en nous la possibilité de nous prendre en charge et de parvenir à nous sortir de situations qui nous désespèrent, de pensées qui nous corrompent, de maladies qui nous tuent, mais de nous avoir privé d'altérité. Plus nous déléguons à l'Etat le soin de s'occuper de nous et moins nous nous occupons de nous-même et moins nous nous soucions des autres.

Mes réflexions, bien évidemment, vont à l'encontre des idées imposées par une société qui cultive l'assistance et l'irresponsabilité. Ce dont je me fiche car il est plus important pour moi d'être un homme juste que de me ranger sous la bannière du politiquement correct pour être plébiscité par des foules manipulées à grand renfort de démagogie. Pas mouton, j'aimerais cependant qu'on me suive, afin de moins souffrir quand les vaches maigres n'auront plus de lait à nous donner, c'est-à-dire quand nous serons parvenus à un tel point de décroissance que l'Etat ne pourra plus prendre en charge non pas les malheureux, qui eux manqueront toujours de tout, mais de ceux qui par paresse ou manque d'énergie demandent un argent qui n'existera plus.

Je sais : les amis, les réseaux, les bénévoles, donc l'amitié, l'assistance, l'engagement existent mais j'aimerais qu'on se demandât jusqu'où notre intérêt est effectif, et jusqu'où nous avons intérêt à maintenir ces liens. Jetons un œil sur notre conscience subliminale, comme l'appelait Henri Poincaré, et dans ce gouffre pêchons quelque motif à  nous consoler de notre égoïsme, s'il ne sent pas trop fort la mauvaise foi. A part l'amour, non pas la passion mais l'amour et si possible divin, c'est-à-dire inspiré par la création et soufflé par l'âme, c'est-à-dire la partie immortelle en nous qui nous relie à l'universel et à l'éternité, à part l'amour je ne connais aucun don de soi qui n'exige de réciprocité, quand bien même nous saurions si bien la cacher que nous ne la verrions pas nous-mêmes. Henry Miller l'a très bien exposé ainsi : « Je dirais que quelqu'un qui s'intéresse toute sa vie à la condition humaine des autres, soit n'a pas de problèmes personnels, soit refuse de les affronter ». Et pour en finir avec ma littérature, il n'est que de suivre le conseil du même Henry, en lisant le livre de Haniel Long « L'histoire merveilleuse de Cabeza de Vaca », qui nous apprendra que l'absence de Sécurité Sociale peut conduire l'homme à faire des miracles.